Stephane Hessel, un defenseur infatigable des droits de l'homme s'est éteint.

Publié le 1 Mars 2013

 

 

http://chroniquespalestine.blogspot.fr/2013/02/stephane-hessel-tireless-defender-of.html

 

Je suis attristée par la nouvelle de la mort de Stéphane Hessel, un infatigable défenseur des droits humains. Stéphane Hessel a été particulièrement actif pour défendre les droits des Palestiniens, une lutte juste pour laquelle il avait été très critiqué.  
J'ai eu l'honneur de passer beaucoup de temps avec lui lors de sa dernière visite à la bande de Gaza en Novembre 2010. J'ai été impressionnée par son énergie communicative incroyable, sa vision du monde audacieuse et sa gentillesse. Il ne se souciait pas d'être politiquement correct. Par exemple, il a rendu visiterIsmaël Haniyeh, le Premier ministre du Hamas parce qu'il pensait qu'il était important d'enclencher une discussion avec les autorités en place. 
Toujours avec une pointe d'humour, et des vers à énoncer,; Stephane Hessel, partout où il est passé, a inspiré des générations entières à se battre pour un monde meilleur. 

Ci-dessous des extraits de son livre Indignez vous, concernant la Palestine:

"Mon indignation à propos de la Palestine

Aujourd'hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande
de Gaza, la Cisjordanie. Ce conflit est la source même d'une indignation.
Il faut absolument lire le rapport Richard Goldstone de septembre 2009
sur Gaza, dans lequel ce juge sud-africain, juif, qui se dit même sioniste,
accuse l'armée israélienne d'avoir commis des « actes assimilables à des
crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes
contre l'humanité » pendant son opération "Plomb durci" qui a duré trois
semaines. 


Je suis moi-même retourné à Gaza, en 2009, où j'ai pu entrer
avec ma femme grâce à nos passeports diplomatiques afin d'étudier de
visu ce que ce rapport disait. Les gens qui nous accompagnaient n'ont
pas été autorisés à pénétrer dans la bande de Gaza. Là et en Cisjordanie.
Nous avons aussi visité les camps de réfugiés palestiniens mis en place
dès 1948 par l'agence des Nations unies, l'UNRWA, où plus de trois
millions de Palestiniens chassés de leurs terres par Israël attendent un
retour de plus en plus problématique. Quant à Gaza, c'est une prison à
ciel ouvert pour un million et demi de Palestiniens. Une prison où ils
s'organisent pour survivre. Plus encore que les destructions matérielles
comme celle de l'hôpital du Croissant rouge par "Plomb durci", c'est le
comportement des Gazaouis, leur patriotisme, leur amour de la mer et
des plages, leur constante préoccupation du bien-être de leurs enfants,
innombrables et rieurs, qui hantent notre mémoire. Nous avons été
impressionnés par leur ingénieuse manière de faire face à toutes les
pénuries qui leur sont imposées. Nous les avons vu confectionner des
briques faute de ciment pour reconstruire les milliers de maisons
détruites par les chars. On nous a confirmé qu'il y avait eu mille quatre
cents morts — femmes, enfants, vieillards inclus dans le camp
palestinien — au cours de cette opération "Plomb durci" menée par
l'armée israélienne, contre seulement cinquante blessés côté israélien. Je
partage les conclusions du juge sud-africain. Que des Juifs puissent
perpétrer eux-mêmes des crimes de guerre, c'est insupportable. Hélas,
l'histoire donne peu d'exemples de peuples qui tirent les leçons de leur
propre histoire.


Je sais, le Hamas qui avait gagné les dernières élections législatives n'a
pas pu éviter que des rockets soient envoyées sur les villes israéliennes
en réponse à la situation d'isolement et de blocus dans laquelle se
trouvent les Gazaouis. Je pense bien évidemment que le terrorisme est
inacceptable, mais il faut reconnaître que lorsque l'on est occupé avec des
moyens militaires infiniment supérieurs aux vôtres, la réaction populaire
ne peut pas être que non-violente.


Est-ce que ça sert le Hamas d'envoyer des rockets sur la ville de Sdérot
? La réponse est non. Ça ne sert pas sa cause, mais on peut expliquer ce
geste par l'exaspération des Gazaouis. Dans la notion d'exaspération, il
faut comprendre la violence comme une regrettable conclusion de
situations inacceptables pour ceux qui les subissent. Alors, on peut se
dire que le terrorisme est une forme d'exaspération. Et que cette
exaspération est un terme négatif. Il ne faudrait pas ex-aspérer, il
faudrait es-pérer. L'exaspération est un déni de l'espoir. Elle est
compréhensible, je dirais presque qu'elle est naturelle, mais pour autant
elle n'est pas acceptable. Parce qu'elle ne permet pas d'obtenir les
résultats que peut éventuellement produire l'espérance.

 

Rédigé par Association Solidarité Forez Palestine

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