Gaza, une ville palestinienne qui vit au coeur de sa mère l’Egypte.

Publié le 2 Juillet 2013

http://alencredemaplume.com/edito/01072013-gaza-une-ville-palestinienne-qui-vit-au-coeur-de-sa-mere-legypte/

 

Encore une fois pour le blog, Amir Hassan prête ses yeux et sa voix afin de faire un point sur la situation dans la Bande de Gaza. Entre les restrictions israéliennes et les bombardements de l’état hébreu, entre la fermeture du terminal de Rafah, des tunnels et les pénuries… Par téléphone, Amir aborde la vie des Gazaouis qui "fêtent" sept ans de blocus. "Qui aurait pensé, il y a sept ans, que nous en serions là aujourd’hui ?".

 

Crise des carburants, crise de l’électricité…
"Tous les Palestiniens suivent la situation en Egypte avec beaucoup d’attention. Il y a des manifestations pro et anti-Morsi partout dans le pays."

 

Les Palestiniens vivant sur le sol égyptien ont préféré rentrer, ne sachant pas comment les choses tourneraient. "Certains ont aussi besoin de quitter la Palestine pour des projets. Il y a les étudiants, les personnes malades… qui doivent passer par le terminal de Rafah. Ils ne sont pas sûrs de pouvoir rejoindre Rafah côté égyptien puis Le Caire. Et surtout, il y a des Palestiniens qui sont bloqués dans le centre de rétention de l’aéroport du Caire. Il se trouve en sous-sol et c’est là qu’attendent les Palestiniens en arrivant par avion, à chaque fois, jusqu’à ce que le car pour Rafah soit rempli. Ils veulent rentrer à Gaza tout simplement." (source : http://www.alwatanvoice.com/arabic/news/2013/06/30/410053.html ). 

 


http://www.alwatanvoice.com/arabic/news/2013/06/30/410053.html Sur le site : "Des Palestiniens bloqués dans l'aéroport du Caire lancent un appel urgent pour leur venir en aide"

Sur le site : "Des Palestiniens bloqués dans l’aéroport du Caire lancent un appel urgent pour leur venir en aide"

 

" La crise égyptienne est partagée avec les Palestiniens qui sont encore un peu plus cantonnés dans cette Bande, condamnés à rester là, à ne pas bouger, à ne pas sortir. "La situation en Egypte est très préoccupante et a des impacts sur la vie à Gaza. Une crise du carburant a lieu et nous en souffrons ici car tout fonctionne avec le carburant !" Les quantités livrées par Israël ne sont pas suffisantes et les tunnels sur la frontière égypto-palestinienne étant fermés, lorsqu’ils ne sont pas détruits, il n’y a pas d’acheminement. "Les queues aux pompes à essence en Egypte sont longues et nous en avons aussi dans la Bande de Gaza. Les taxis, les usagers avec leurs voitures tentent de s’approvisionner mais cela est très difficile." Le manque de carburant affecte également le fonctionnement de la centrale électrique puisqu’elle ne tourne pas régulièrement et les coupures d’électricité sont fréquentes. Les gens pourraient utiliser leurs générateurs mais eux aussi fonctionnent au carburant.


 

Dans tous les cas, les Palestiniens sont menacés d’une crise d’électricité ! Sans oublier l’eau, toujours polluée. La fermeture des tunnels empêche l’acheminement de nombreux produits et surtout de denrées alimentaires. "Depuis le mois de mars, les tunnels fonctionnent difficilement. Et à l’approche du Ramadan, une période au cours de laquelle les gens consomment un peu plus que d’habitude, on se pose des questions. Certains produits manqueront."


Les bombardements, le taux de chômage et plus d’eau dans trois ans !


"Il y a eu des bombardements il y a quelques jours. Le sud et l’est ont été touchés sans faire de victime. Israël a dit répondre à des tirs de roquette. Un membre du gouvernement israélien a menacé d’occuper la Bande de Gaza et les analystes politiques disent que c’est le calme avant la tempête." Une tempête qui se fait toujours menaçante jusqu’à souffler de manière horrible comme durant la dernière opération meurtrière Pilier de Défense. "Si le blocus se durcit encore à cause de toutes les pénuries alors la résistance se fera plus intense, forcément ! Tout le monde le sait. Les privations sont dures. Un exemple, en été il fait chaud, 36 voire 40°. Il faut des ventilateurs, des climatiseurs. Et sans électricité ce sera très problématique." A Gaza, les gens ont peur d’être oubliés, lassés de ce blocus, fatigués par sa dureté. Un rapport des Nations Unies indiquait que dans trois ans, l’eau potable n’existerait plus. "A tout cela, vient s’ajouter le taux de chômage élevé… D’où viendra l’amélioration des conditions de vie ? Les Palestiniens ne savent pas et n’attendent rien car Israël ne veut pas la paix en continuant ce blocus, en continuant la colonisation en Cisjordanie… C’est comme si on était condamné à ne plus exister. Et les trois ans concernant l’eau pose comme une date limite, une date de fin".

 

Mohammed Assaf, un talent du blocus !
Cela n’a échappé à personne. Mohammed Assaf, palestinien de la ville de Khan Younes, participait à l’émission Arab Idol. Victorieux du télécrochet à Beyrouth, il s’est transformé en symbole pour tous les Palestiniens à travers le monde.


Mohammed Assaf

Mohammed Assaf

 

"Beaucoup de personnes l’ont acclamé à son retour en Palestine. Il était connu depuis des années et des années. Il chante des textes patriotiques, qui rappellent le combat palestinien. Cette expérience avec Arab Idol était une chance de partir de la Bande de Gaza et c’est en partant d’ici que les gens du reste du monde l’ont découvert. Il a dû attendre ses 23 ans alors qu’il chante depuis longtemps déjà." Un destin qui prouve que de nombreux talents sont présents dans ce territoire sous blocus mais que l’étau resserré sans cesse empêche les carrières et la reconnaissance mondiale. "Aujourd’hui il n’y a pas de boite de production ici, la scène musicale est limitée ou quasi inexistante alors Mohammed doit retourner à l’étranger afin de réaliser un album et continuer dans le domaine." Sur toutes les lèvres reviennent les mêmes mots : partir de Khan Younes, traverser le passage de Rafah pour Le Caire puis Beyrouth a permis au chanteur de représenter la cause palestinienne en plus de se révèler. "Pour nous c’est une fierté de le voir ainsi mais il y a la déception de se dire que les poètes, les scientifiques, les footballeurs, les écrivains, les chanteurs… doivent quitter les villes de la Bande de Gaza pour réussir. Ils pourraient tous avoir un avenir meilleur… mais à l’étranger. Les hommes et femmes devenus les voix de la Palestine ont pu parler de notre combat en dehors de nos frontières car ils sont partis, comme Mahmoud Darwich par exemple. Ces Palestiniens de la diaspora doivent parler pour nous, les Palestiniens du blocus et de l’occupation."

Rédigé par Association Solidarité Forez Palestine

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