*Marek Edelman est mort*
L’Union Juive Française pour la Paix lui rend
hommage
mardi 6 octobre 2009
Il était l’un des grands témoins connus d’un monde disparu : le
Yiddishland presque totalement anéanti par les Nazis. Il était aussi un
des derniers survivants d’un parti de masse, le Bund, dont les positions
politiques sont plus que jamais d’actualité.
Marek Edelman a été en 1943 le commandant en second de l’insurrection du
ghetto de Varsovie. Au moment de l’assaut final, il a pu fuir par les
égouts et continuer la lutte dans la résistance polonaise. Combattant
héroïque face au nazisme, il a gardé la même intransigeance après
guerre. Il est resté en Pologne. Il était et s’affirmait polonais.
Opposant résolu au sionisme, il a régulièrement dénoncé la politique
israélienne. Et il a courageusement combattu le stalinisme.
Sa mort nous rappelle quelques vérités historiques.
En Europe de l’Est où vivaient des millions de Juifs, le sionisme a été
minoritaire jusqu’à la guerre face aux différents courants socialistes
dont le Bund. Le Bund était un parti ouvrier révolutionnaire qui liait
l’émancipation des Juifs face à la ségrégation raciale, antijuive, à
celle du prolétariat. Le Bund était laïque et prônait la liberté et
l’égalité des droits pour les Juifs là où ils vivaient, sans territoire
spécifique. Les Bundistes étaient farouchement antisionistes : refuser
la lutte et partir coloniser un autre pays était pour eux une trahison
et une utopie messianique dangereuse.
Le souvenir de Marek Edelman nous rappelle que la résistance juive au
nazisme a été essentiellement bundiste ou communiste. Et pourtant,
absurdité de l’histoire, en Israël, l’instrumentalisation du souvenir de
l’antisémitisme européen et du génocide nazi est devenue le principal
moyen pour faire accepter par l’opinion les crimes de guerre à Gaza ou
la destruction de la Palestine. Edelman n’a jamais reçu aucune
décoration ou aucune marque d’honneur de la part d’Israël. Il était
banni de facto.
Après la guerre, il y a eu un consensus mondial pour faire partir en
masse les survivants du génocide en Israël et pour faire en sorte que le
crime européen soit payé par les Palestiniens. Marek Edelman a été un
des rares à refuser. Il y a eu la résurgence de l’antisémitisme en
Pologne, marquée par le massacre de Kielce (1946) et l’épuration
organisée en 1968 par le général Moczar. Marek Edelman est resté en
Pologne et a continué de se battre pour la liberté et la démocratie.
Enfin Marek Edelman n’a jamais cessé de dénoncer la politique des
gouvernements israéliens. Il a été solidaire des Palestiniens. Lui qui a
lutté contre la destruction de son pays les considérait comme des «
partisans » face à l’occupation.
Pour toutes ces raisons, sa disparition est une perte immense, au-delà
de l’Union Juive Française pour la Paix, pour les internationalistes du
monde entier.
L’UJFP salue sa mémoire et continuera à promouvoir son combat
internationaliste contre l’oppression et pour l’émancipation des peuples.
*Bureau national de l’UJFP le 5 octobre 2009*
*Union Juive Française pour la Paix (UJFP) <http://www.ujfp.org>*
21 ter rue Voltaire, 75011 PARIS
Téléphone : 06 23 27
26 87
e-mail : contact@ujfp.org
Par Association Solidarité Forez Palestine
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