Selon l'ONU, Israël a commis des "crimes de guerre" à Gaza

Publié le 17 Septembre 2009

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters | 15.09.09 | 17h07  •  Mis à jour le 15.09.09 | 20h15

L'ONU a dévoilé, mardi 15 septembre, un rapport accusant Israël d'avoir fait un usage disproportionné de la force et violé le droit humanitaire international lors de son offensive dans la bande de Gaza l'hiver dernier. L'Etat hébreu a aussitôt rejeté ce rapport, le jugeant "partial".

"Des actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l'humanité ont été commis par les forces armées israéliennes", a déclaré le juge Richard Goldstone, auteur du rapport de l'ONU. La mission du Conseil des droits de l'homme de l'ONU qu'il préside avait été chargée, en avril, d'enquêter sur les possibles violations commises lors de l'offensive israélienne contre la bande de Gaza, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009. Selon les services d'urgences palestiniens, plus de 1 400 personnes avaient été tuées. Le bilan israélien parle de 300 civils et 9 000 combattants palestiniens tués.

Le rapport accuse notamment Israël ne de pas s'être "entouré des précautions nécessaires requises par le droit international pour limiter les pertes en vies humaines, les blessures occasionnées aux civils et les dommages matériels". Il cite "les tirs d'obus au phosphore blanc sur les installations de l'Unrwa, la frappe intentionnelle sur l'hôpital Al-Qods à l'aide d'obus explosifs et au phosphore" et "l'attaque contre l'hôpital Al-Wafa" comme autant de "violations du droit humanitaire international".

LES TIRS DE ROQUETTES ÉGALEMENT DES CRIMES DE GUERRE

"Israël n'a pas jugé utile de coopérer avec la mission d'enquête de la commission Goldstone car son mandat était clairement partial et a ignoré les milliers d'attaques à la roquette du Hamas contre des populations civiles dans le sud d'Israël qui ont rendu nécessaire l'opération contre Gaza", a justifié le ministère des affaires étrangères israélien.

Les autorités israéliennes accusent les enquêteurs d'avoir donné "une légitimité à l'organisation terroriste Hamas". "La stratégie du Hamas consistant à se servir de civils palestiniens comme bouclier pour lancer des attaques terroristes a été délibérément ignorée", poursuit le ministère des affaires étrangères. Le document précise pourtant que les tirs de roquettes sur des cibles non militaires en territoire israélien constituent également des crimes de guerre, voire des crimes contre l'humanité.

Après avoir remis ce rapport, Richard Goldstone demande à Israël l'ouverture d'une enquête "indépendante et en conformité avec les critères internationaux" sur de possibles crimes commis par ses troupes. En cas de refus, les membres du Conseil de sécurité devront rendre compte de la situation à Gaza au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Les autorités israéliennes ont annoncé qu'elles étudieraient ce rapport, rappellant que l'armée avait ouvert des enquêtes "sur plus d'une centaine d'allégations".

Rédigé par Association Solidarité Forez Palestine

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