La mère du jeune franco-palestinien, Salah Hamouri, qui
purge une peine de sept ans de prison en Israël pour des faits qu’il n’a
pas commis a été reçue par un conseiller du chef de l’État.
Denise Hamouri, [1
<http://www.humanite.fr/Denise-Hamouri-enfin-recue-al-Elysee#nb1>] mère
du jeune Salah, vingt quatre ans, qui purge une peine de sept ans de
prison en Israël, accompagnée par la sénatrice Monique Cerisier
Ben-Guiga, présidente de France Territoires palestiniens, et par
Jean-Claude Lefort, coordinateur du Comité national de soutien à Salah
Hamouri, sera reçue, aujourd’hui, à l’Élysée par un conseiller de
Nicolas Sarkozy. Cette rencontre intervient au lendemain de la visite de
Benyamin Netanyahou en France, dont le pays, Israël, détient 11000
prisonniers palestiniens dont plus de 300 ont moins de dix-huit ans,
sans que cela n’émeuve les bonnes consciences occidentales.
PRUDENCE SUR LE DOSSIER HAMOURI
La délégation va demander que Nicolas Sarkozy rencontre en personne
Denise Hamouri, comme il l’avait fait, le 29 janvier dernier, en
recevant les parents du soldat israélien, le Franco-israélien Gilad
Shalit, capturé en 2006 par des combattants du Hamas, lors d’une
incursion israélienne à Gaza.
Mieux, le 13 mars dernier, le chef de l’État a même adressé une lettre
personnelle aux parents du jeune soldat israélien dans laquelle il leur
faisait part de ses démarches en vue de sa libération. D’ailleurs, que
ce soit à Damas, où il était en visite officielle, ou au Caire, durant
l’agression israélienne contre Gaza, Nicolas Sarkozy s’est fait fort
d’intervenir auprès de ses homologues arabes afin qu’ils pressent le
Hamas de libérer Gilad Shalit. Un activisme qui tranche avec l’extrême
prudence manifestée sur le dossier Hamouri.
S’agissant de Salah Hamouri, on ne peut pas dire que l’Élysée se soit
beaucoup démené. Le 3 avril dernier quand, enfin, le Quai d’Orsay a
consenti à écrire à la mère de Salah, lui faisant part des démarches
entreprises par Paris auprès des autorités israéliennes, il n’a pas
manqué de lui rappeler, entre autres, que Salah Hamouri avait « plaidé
coupable ». En fait , en avril 2008, pour s’éviter une peine plus
lourde, soit quatorze ans de prison, il avait choisi de plaider coupable
pour des faits qu’il n’a pas commis.
Les faits en question : en compagnie d’un ami, il était passé en voiture
devant le domicile du rabbin raciste Yossef Obadia, chef du Shass, parti
religieux d’extrême droite, situé à Jérusalem. Cela avait suffi pour
qu’il soit suspecté, arrêté en mars 2005 et condamné pour avoir eu «
l’intention » d’assassiner le rabbin.
CAMPAGNE DE MOBILISATION
Aujourd’hui, s’il faut se féliciter que Denise Hamouri soit reçue à
l’Élysée, c’est en raison de la campagne de mobilisation du Comité
national de soutien de Salah Hamouri et de l’Humanité. Et en dépit de ce
premier résultat, il faudra amplifier cette campagne afin que Nicolas
Sarkozy reçoive Denise Hamouri et intervienne efficacement auprès des
autorités israéliennes.
*Hassane Zerrouky*