Vallée du Jourdain : une guerre sans merci contre les Bédouins

Publié le 27 Septembre 2016

Dans cette région de la Cisjordanie occupée, les destructions dans les campements bédouins ne sont qu’un aspect de la politique israélienne d’expulsion des Palestiniens

Vallée du Jourdain : une guerre sans merci contre les Bédouins

Campement bédouin de Hadidiyeh, CISJORDANIE OCCUPÉE – En contemplant les vastes pâturages de la vallée du Jourdain, nul ne saurait imaginer la violence de la bataille qui se joue ici. Pour en comprendre l’ampleur, il faut se rendre dans des communautés bédouines comme celle de Hadidiyeh, dans le nord de la vallée, où vit Abou Saqer.

Avant même que celui-ci n’explique en détail ce que sa famille endure, l’état du campement nous fait comprendre les difficultés auxquelles font face ces communauté, ne serait-ce que pour accéder à leur lieu de résidence. Lorsque l’on vient de l’intérieur de la Cisjordanie via Tubas, au nord de Naplouse, le dernier kilomètre se fait à travers champs, ce qui rend tout déplacement compliqué, que ce soit pour acheminer du matériel et des vivres ou pour envoyer les enfants, dont certains en bas âge, à l’école.

Vivre la peur au ventre

Si la vingtaine de tentes couleur sable se fondent harmonieusement dans le paysage, les débris de celles détruites ces derniers mois témoignent du bras de fer permanent entre l’armée israélienne et les Palestiniens qui, dans toute cette zone, sont seuls face aux soldats et colons israéliens. 95 % de cette région, qui représente un tiers de la Cisjordanie, fait en effet partie de la « zone C » qui désigne, selon la terminologie des Accords intérimaires de paix d’Oslo, les 60 % de la Cisjordanie restés sous occupation israélienne directe depuis 1967.

À Hadidiyeh, les destructions du mois de janvier dernier sont encore dans tous les esprits. « Ils sont arrivés avec les bulldozers et ont commencé à raser plusieurs tentes », raconte Abou Saqer, calé dans une chaise en plastique au milieu d’une des tentes réservées aux invités.

« Ils ne se sont pas contentés de les mettre à terre. Ils ont ensuite rassemblé les débris pour en faire un tas qu’ils ont écrasé comme pour en faire une sorte de pâte. Je les regardais faire en souriant, ce qui a largement énervé leur chef, que je connaissais bien, car il était déjà là pour de précédentes opérations de destruction. Il m’a demandé pourquoi je riais. Je lui ai répondu que je ne comprenais pas pourquoi ils s’acharnaient autant, et que de toute manière, j’allais reconstruire, et à neuf.

« Pour se venger, il a ordonné aux soldats de nous interdire de reconstruire quoi que ce soit, pas même de quoi protéger mes enfants de la pluie. C’était en hiver, il faisait froid, on est restés quinze jours comme ça. »

À quelque pas de là, dans une autre tente où sa famille termine son déjeuner, les regards sont tous posés sur le benjamin de la bande, 3 ans, présenté comme un héros. L’histoire familiale raconte qu’alors qu’il ne tenait pas encore debout, il avait pris un petit caillou et l’avait lancé en direction des soldats qui opéraient une descente dans le camp.

Si le souvenir de la scène provoque des sourires, les visages des adolescents présents se ferment dès qu’on leur demande de parler de leur vie quotidienne. « Les soldats viennent tout le temps, et souvent ils nous frappent, dit l’un d’entre eux en hachant ses mots. Et on ne peut rien faire, juste se taire et attendre qu’ils repartent. Si je réagis, ils risquent de s’en prendre encore plus à mon père et à ma famille. »

(Suite de l'article)

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/vall-e-du-jourdain-une-guerre-sans-merci-contre-les-b-douins-1912414558

Rédigé par Association Solidarité Forez Palestine

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Liddell 03/10/2016 23:05

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