La France, colonie israélienne : Récit d’une garde à vue arbitraire

Publié le 28 Juillet 2014

Il est 15 H 15 quand débute une scène de check-point ce samedi 26 juillet en face du cinéma Gaumont Montparnasse : des soldats israéliens qui empêchent femmes enceintes et enfants blessés de se rendre à l’hôpital en Palestine occupée.

Les gens regardent, prennent des photos et tandis que nous terminons notre spectacle de rue par un appel à rejoindre la campagne internationale de boycott d’Israël, un policier vient nous demander de nous disperser.

Nous répondons par l’affirmative, regroupons nos affaires, et descendons dans le Métro Montparnasse pour rentrer chez nous quand tout d’un coup, plusieurs policiers surgissent et nous barrent le chemin alors que nous sommes devant les guichets à billets, à l’intérieur du métro.

« Contre-Ordre ! », proclament-ils en nous serrant contre le mur sans nous donner de précisions et en nous annonçant qu’ils attendent des ordres de leur hiérarchie.

En attendant ces fameux ordres, le temps passe, les usagers du métro s’arrêtent, nous entonnons des chants pour la libération de la Palestine et contre le racisme, jusqu’à ce que les fameux ordres arrivent : il faut embarquer tout le monde.

On nous fait monter, 8 femmes et 4 hommes, dans un car de police qui est arrivé après une tournée dans différents quartiers de Paris, et nous partons escortés de 6 motards, toutes sirènes hurlantes et grillant tous les feux rouges jusqu’au commissariat de la rue de l’Evangile dans le 18ème, cortège consacré par les applaudissements et signes de victoire que nous adressent les passants et automobilistes que nous dépassons.

Arrivés au commissariat, une garde à vue nous est signifiée pour « attroupement non autorisé », délit qui n’est légalement constitué que lorsque des personnes refusent après deux sommations officielles au mégaphone de se disperser, ce qui n’est pas notre cas, comme chacun en est conscient.

Qu’à cela ne tienne, nous sommes pressés de signer des PV sans avoir le temps de les lire, ce qui est illégal, tous nos effets nous sont confisqués (soutien-gorge compris), et nous sommes placés dans des cellules à plusieurs, le temps que l’on nous trouve un autre commissariat disponible pour la garde à vue, ce qui n’a pas l’air simple vue l’ordre donné de « faire du chiffre » que ne cherche même pas à cacher la police.

Remontée dans un car, et même ambiance tonique (chants et slogans) jusqu’à l’arrivée au commissariat du 15ème proche du M° Vaugirard, où des policiers, passé 22H, voient arriver ahuris la petite troupe de « criminels » pas ordinaires.

Re-fouille et re-placement en cellules vétustes, sales, sans aération, et aux portes grinçantes comme dans les prisons des films policiers d’antan.

Les policiers, dont les effectifs ont été renforcés pour l’occasion (avec l’argent des contribuables), nous disent à quel point ils sont confus, gênés par cette détention de toute évidence arbitraire.

« Je vais être clair avec vous, vous êtes là sans raison, on va donc faire au plus vite, pour que soyez dehors dès que possible, mais nous sommes obligés de respecter les procédures de la garde à vue », dit à Nawel, l’un des officiers chargé de nous interroger l’un après l’autre.

« J’ai honte de ce que l’on me fait faire », confie un autre à Claire, âgée de 77 ans.

« Je n’ai pas le droit de donner mon opinion en service, mais le gouvernement nous fait faire n’importe quoi », déclare à Olivia un troisième policier.

Comme il est impossible de dormir, vu l’inconfort, la surpopulation des cellules, le branle-bas de combat de la porte à chaque fois que l’un(e) d’entre nous est appelé pour une audition ou pour rencontrer l’avocat demandé (ou encore un interprète pour l’un d’entre nous qui est américain), les slogans, boutades et chansons, fusent de toutes les cellules, dans un joyeux vacarme.

Le tout jusqu’à 15 H 30 passées ce dimanche 27 juillet, soit une garde à vue de 24 H, à l’issue de laquelle on nous libère tous, en nous signifiant qu’aucune charge n’est retenue contre nous !

Combien d’interpellations et de gardes à vue abusives en ce genre, Monsieur Hollande, pour qu’Israël puisse continuer à massacrer en paix, en interdisant la publication des noms des enfants palestiniens qu’il assassine ?

La France, colonie israélienne : Récit d’une garde à vue arbitraire

Rédigé par Association Solidarité Forez Palestine

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